Kudzu, la plante grimpante anti-addictions

Il s'agit d'une plante grimpante voir envahissante, qui infeste le territoire américain mais qui est plébiscitée en médecine traditionnelle chinoise pour ses propriétés, notamment détoxicantes. Le kudzu est étudié de près, car c'est la plante la plus efficace connue à ce jour pour lutter contre certaines addictions - telles que l'alcoolisme, le tabagisme, l' addiction au sucre... Comment ça fonctionne exactement ? Et est-ce que ça fonctionne vraiment ? On vous dit tout ici !
kudzu

BIENFAITS DU KUDZU
✓ Aide à lutter contre les addictions
✓ Soulagerait la gueule de bois
✓ Anti-inflammatoire
✓ Diminue les risques de maladies cardiovasculaires

Qu’est-ce que le kudzu ?

Le kudzu (Pueraria montana) est une plante de la famille des Fabacées. Une famille intéressante pour notre alimentation puisqu’ils s’agit des légumineuses – parmi lesquelles on compte le soja, les fèves, les lentilles ou encore les haricots. Quant au kudzu, c’est sa racine qui peut être consommée, sous forme de fécule.

Il est originaire d’Extrême-Orient : on en trouve en premier lieu à l’est de la Chine et de la Russie, en Corée et au Japon. C’est une plante envahissante et grimpante : elle peut recouvrir des arbres jusqu’à trente mètres de hauteur, et peut pousser jusqu’à 30 cm par jour ! Elle produit des grappes de petites fleurs de couleur pourpre. 

Ses tiges sont similaires à la vigne, ce qui lui vaut le surnom de « vigne japonaise » et permet à ses lianes de se fixer sur des arbres ou des maisons. On en trouve sur des sols différents, en lisières de forêts, dans les champs abandonnés ou bord de la route. 

kudzu avis
Le kudzu, une plante envahissante aux bienfaits insoupçonnés

On l’introduit en Europe au XIXème siècle et aux États-Unis lors de l’exposition universelle de 1876. Jusque dans les années 1950, les agriculteurs américains l’utilisaient pour lutter contre l’érosion des sols, surtout dans le sud du pays. Mais le kudzu est rapidement déclaré « plante envahissante ». Aujourd’hui, on estime sa propagation à 30 000 m2 de terres aux États-Unis. Elle étouffe les autres plantes sous un manteau de feuilles, et parvient même dans certains cas à déraciner les arbres.

Son histoire est toute autre en Asie. Le kudzu est utilisé dès le 3ème siècle avant J.-C. en médecine traditionnelle chinoise car il soulage la fièvre, la diarrhée ou les vomissements. Une étude de 1998 publiée par la Harvard Medical School, Kudzu root : ancient Chinese source of modern antipsotropic agents, établit son utilisation pour désintoxiquer le corps après une consommation abusive d’alcool à partir du 7ème siècle après J.-C.

Du coup, de nombreux chercheurs se sont penchés sur les vertus qui lui sont prêtées traditionnellement. Et son efficacité pour lutter contre l’alcoolisme a été démontrée par plusieurs études.

On s’en sert également de plus en plus pour arrêter de fumer et pour remédier à l’addiction au sucre, sans que ses actions inhibitrices soient prouvées dans ces contextes-là.

Son absence d’effets secondaires comparativement à un médicament de synthèse fait du kudzu une solution naturelle pour lutter contre toutes sortes d’addictions modérées. D’ailleurs on l’utilise déjà dans certains traitements pour accompagner les individus en sevrage.

On le rencontre chez nous sous forme de poudre à cuisiner ou de gélules en complément alimentaire. Au Japon il est à la base de nombreuses soupes et desserts !

Composition nutritionnelle

  • Protéines
  • Minéraux : calcium, phosphore, sodium et fer
  • Flavonoïdes : isoflavones (dont puérarine, daidzine, daidzéine et génistéine)
  • Béta-sitostérol
  • Saponosides
plante anti-tabac
Les racines de kudzu séchées et broyées donnent une poudre blanche que l’on peut cuisiner

Bienfaits du kudzu

Aide à lutter contre les addictions

Le kudzu aide à lutter contre les addictions, notamment au tabac, à l’alcool et sucre, et c’est peut-être là sa propriété qui suscite le plus d’intérêt. Pour l’instant, c’est uniquement son impact quant à la consommation d’alcool qui a été prouvé scientifiquement. Mais son incidence sur le tabagisme et la consommation excessive de sucre est à l’étude.

D’abord comment fonctionne une addiction ? Pour faire court, il existe dans notre cerveau un système de récompense diffusant de la dopamine – neurotransmetteur responsable de la sensation de plaisir. Il fait que nous répétons des comportements nécessaires à notre survie et celle de notre espèce tels que boire, manger, avoir des rapports sexuels…

Certaines substances au pouvoir addictif tels que l’alcool, le tabac, le sucre, agissent sur ce système de récompense, en libérant la production de dopamine et donc en procurant une sensation de plaisir lors de leur consommation, alors même qu’on est conscient de leur toxicité. C’est ce qui se passe chimiquement, mais d’autres facteurs entrent en compte lorsque l’on parle d’addiction : les gènes, l’environnement

Alors comment le kudzu peut intervenir pour lutter contre contre ces addictions et notamment l’alcoolisme ? Il semble que ce soit sa haute concentration en isoflavones qui soit responsable. Le rôle des isoflavones au niveau de la racine de kudzu, est de protéger la plante contre les attaques de bactéries, champignons… Elles ont non seulement une puissante activité protectrice, mais aussi anti-oxydante.

Parmi ces isoflavones, on compte la puérarine, qui est la principale substance active présente dans le kudzu, et la daidzine. Et c’est celles-ci qui contribuent à la désaccoutumante à l’alcool. Elles agissent notamment en permettant d’augmenter le flux sanguin, et donc accélérer l’action sur le système de récompense.

En bref, si je fais une cure de kudzu et que je bois de la bière, la dopamine est libérée plus vite, je serai satisfaite plus vite et donc j’aurai moins besoin de boire. De plus le kudzu accélère la sensation « d’avoir assez bu », et pour autant ne favorise pas une ivresse plus rapide !

La totalité des mécanismes entrant en jeu est encore à l’étude. Mais les premiers résultats sont prometteurs – en 1993 des premiers tests sur des hamsters sont effectués, puis en 2005 et 2012 sur des humains. Et le kudzu pourrait bien être efficace contre d’autres substances agissant aussi au niveau du système de récompense telles que le tabac et le sucre.

Cette étude menée par l’Université d’Harvard sur des hommes et femmes considérés comme « grands buveurs » est la plus significative. Les chercheurs ont proposé aux sujets de boire leur bière préférée. Ceux prenant une cure de kudzu ont spontanément bu moins d’alcool, moins vite et à plus petites gorgées que ceux sous placebo.

Cette étude plus récente, toujours menée par l’Universisté d’Harvard, a démontré à nouveau que la puérarine contenue dans les racines de kudzu permettent de diminuer la consommation d’alcool chez l’homme.

Soulagerait la gueule de bois

Sur le même thème, le kudzu serait aussi un allié pour soulager la gueule de bois ! Ainsi comme on l’a vu, la médecine traditionnelle chinoise l’utilise depuis le 7ème siècles pour désintoxiquer l’organisme suite à une consommation excessive d’alcool. Il encore aujourd’hui préconisé à cet effet.

Les saponosides qu’il contient seraient à l’origine de cette propriété, en soutenant la fonction hépatique et en favorisant la détoxication du foie, à l’image de l’aloe vera, qui est aussi reconnue pour ses vertus détoxiquantes.

Ainsi, allié à d’autres plantes, il fait partie de nombreuses tisanes sensées réduire les symptômes de la gueule de bois. Mais on a pas encore démontré scientifiquement son efficacité dans ce contexte.

Anti-inflammatoire

Le kudzu présente des substances actives aux propriétés anti-inflammatoires. C’est aussi une des raisons pour lesquelles on le prescrit en médecine traditionnelle chinoise, à l’instar du curcuma.

À l’origine de ces propriétés, on compte les isoflavones qu’il contient, et notamment la daidzéine et la puérarine. Ces composés actifs agissent comme inhibiteurs des réactions inflammatoires de l’organisme.

En effet, la puérarine améliore certains types d’inflammations de la peau telles que l’eczéma. Elle bloque la sécrétion de cytokines pro-inflammatoires – des médiateurs qui activent la réaction inflammatoire.

Cette étude menée par la faculté de médecine de la Chonbuk National University à Jeonju en Corée, a démontré que la prise de kudzu améliore les lésions et diminue l’inflammation cutanée dues à l’eczéma. Celle-ci, menée par le Korea Institute of Oriental Medicine de Daejeon, a démontré l’activité anti-inflammatoire de certains composants du kudzu.

Diminue les risques de maladies cardiovasculaires

La médecine traditionnelle chinoise loue ses effets positifs sur le coeur. En effet, le kudzu contribue à diminuer les risques de maladies cardiovasculaires et protéger les artères.

Il améliore le système cardiovasculaire et protège le coeur, en participant notamment à la diminution du mauvais cholestérol.

Cette étude menée par l’Université d’Alabama aux États-Unis sur des souris a démontré qu’une cure d’extrait de racine de kudzu fait diminuer la pression artérielle et le taux de mauvais cholestérol, protégeant ainsi la fonction cardiovasculaire.

Régule la glycémie

Enfin, le kudzu est aussi connu pour réguler le taux de glucose dans le sang.

Là encore c’est la puérarine qui serait à l’origine de cette propriété, en permettant au glucose de s’extraire des cellules adipeuses et des vaisseaux sanguins pour intervenir sur les parties du corps qui en ont besoin, comme les muscles.

Par ailleurs ses effets anti-addictions pourraient contribuer à diminuer notre consommation excessive de sucre.

Comment consommer le kudzu

Privilégier le kudzu bio

kudzu bio
Lianes de kudzu sauvage

On favorise le kudzu bio, de manière à éviter tout résidu de pesticide nocif pour la santé. D’autant plus que c’est principalement la racine qu’on sera amené(e) à consommer.

On trouve du kudzu biologique en magasin bio, boutiques diététiques et herboristeries, ainsi que sur les e-commerces spécialisés en nutrition et phytothérapie.

Racine et poudre de kudzu

remède naturel contre alcoolisme
Les racines de kudzu donnent une poudre très blanche, facile à consommer en boisson ou en cuisine

On l’a vu, c’est surtout la racine qui est utilisée à des fins thérapeutiques. Celle-ci se consomme en poudre. On obtient la poudre en broyant les racines, et en extrayant l’amidon qu’elles contiennent pour obtenir le fécule alimentaire.

En général, il faut 1 kg de racines pour obtenir 100g de poudre de kudzu. Si celle-ci entre dans la composition de plats et desserts, on peut aussi la consommer en infusion dans de l’eau ou du lait végétal.

Le kudzu en gélule

On trouve de nombreux compléments alimentaires en gélule à base de kudzu. Lorsqu’on en consomme, on vérifie qu’ils contiennent bien de la puéranine, le principal ingrédient actif, et de la daidzine.

Souvent, les fabricants indiquent le pourcentage de composés actifs. Les moins scrupuleux labélisent aussi les gélules « sevrage anti-tabac »… Pour mémoire, la recherche n’a pas encore démontré cette propriété !

Cuisiner le kudzu

kudzu avis
On retrouve le kudzu comme liant dans maints desserts japonais, dont les mochis au matcha

Au Japon, le kudzu n’est pas un complément alimentaire, on le cuisine ! On prépare ses feuilles en salade et on fait des tempura (beignets) avec ses fleurs. Ses racines servent d’épaississant culinaire, un peu comme l’agar-agar : en poudre, on les mélange à différents plats. Comme il n’a pas beaucoup de goût, il peut facilement se mêler à toute sorte de recettes.

Pour s’en servir comme épaississant culinaire, on le préfère en poudre. On ajoute deux cuillères à café de celle-ci par tasse du liquide à épaissir ou lier – une sauce, une soupe par exemple, et on fait chauffer à feux moyen pour activer le potentiel gélifiant. Cela marche aussi créer des pâtisseries japonaises gélatineuses, telles que les Kudzu mochi, auxquelles on ajoutera pourquoi pas du matcha, un autre super aliment japonais !

Posologie

Le dosage du kudzu varie selon la manière dont on le consomme. Dans tous les cas, on conseille de commencer par des cures de trois mois pour juger de ses effets sur l’organisme.

En gélule : 500 mg / jour pour une teneur en isoflavone d’au moins 8%.

En poudre : 1 cuillère à café par tasse, deux à quatre fois par jour

Contre-indications et effets secondaires

Le kudzu ne représente aucun danger aux doses recommandées et on n’a constaté aucun effet secondaire lors de sa consommation par voie orale.

En revanche, sa concentration en isoflavones, dont l’action peut perturber les hormones, fait qu’on le déconseille en cas de cancer du sein, kystes ovariens, et maladies endocriniennes.

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