La vitamine K2 fait partie des vitamines liposolubles, au même titre que les vitamines A, D et E. Elle joue un rôle déterminant dans l’organisme :
- elle contribue à la coagulation sanguine normale
- elle participe au maintien d’une ossature normale, notamment grâce à son implication dans la régulation du calcium
Elle suscite aujourd’hui l’intérêt dans le domaine de la nutrition sportive et du vieillissement. Certains chercheurs se demandent si ses effets pourraient aller au-delà du squelette, notamment sur la fonction musculaire.
L’équipe de Hannah Lithgow de la Heriot-Watt University à Edinburgh, a cherché à savoir si une supplémentation en vitamine K2 pouvait influencer la récupération musculaire après un exercice intense. On décrypte ensemble cette étude publiée en avril 2026.
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Comment l’étude a été menée ?
Les scientifiques ont réalisé un essai contrôlé randomisé en double aveugle, considéré comme l’un des designs les plus robustes quand on parle d’étude scientifique.
L’étude a inclus au minimum 71 participants, répartis en deux groupes, en tenant compte de l’âge et du sexe :
- un groupe recevant de la vitamine K2, ménaquinone 7, MK-7 (240 µg/jour)
- un groupe placebo
L’étude a été menée à la fois chez des adultes jeunes (18 à 40 ans) et des adultes plus âgés (65 ans et plus), ce qui permet d’observer d’éventuelles différences liées à l’âge.
Le protocole s’est déroulé en trois phases :
- une série de tests physiques initiaux
- 12 semaines de supplémentation
- les mêmes tests répétés après intervention
Pour évaluer concrètement la récupération, les participants ont suivi un protocole de musculation, destiné à créer des micro-lésions musculaires se traduisant par des courbatures. Pour cela, ils devaient réaliser plusieurs séries longues d’extensions de jambes et de développé couché (exercices de levée de charges), effectués à 70 % de la charge maximale.
Après cet exercice, la récupération a été suivie de manière précise, avec des mesures répétées 3, 24, 48 et 72 heures après l’effort :
- la force musculaire
- les courbatures
- la fonction musculaire
- ainsi que des marqueurs sanguins liés aux dommages musculaires
Avec pour objectif de comparer l’évolution entre le groupe supplémenté en vitamine K2 et le groupe placebo, pour voir si la vitamine permettait de limiter les dommages ou d’accélérer la récupération.
Et les résultats ?
Premier point important : la supplémentation a bien fonctionné. Après 12 semaines, les concentrations de vitamine K2 (MK-7) ont nettement augmenté chez les participants supplémentés, aussi bien chez les jeunes que chez les plus âgés. Autrement dit, la dose utilisée est bien absorbée et efficace pour améliorer le statut en vitamine K.
En revanche, la supplémentation en vitamine K2 n’a pas montré d’effet significatif sur la récupération musculaire, que ce soit chez les jeunes adultes ou chez les participants plus âgés.
Concrètement :
- la perte de force après l’effort était similaire entre les deux groupes
- la récupération de la performance suivait la même courbe
- les marqueurs biologiques de dommages musculaires ne différaient pas de manière notable
Autrement dit, dans les conditions de cette étude, la vitamine K2 ne semble pas influencer la récupération après un effort de musculation intense.
Ce qu’il faut nuancer
Cette étude ne montre pas que la vitamine K2 est “inutile”, mais plutôt qu’elle n’a pas eu d’effet clair dans ce contexte précis.
Premier point : les participants étaient en bonne santé et sans carence particulière en vitamine K2.
Ensuite, l’intensité des dommages musculaires induits était relativement faible, ce qui réduit la capacité à détecter un éventuel effet.
Enfin, même en l’absence d’effet principal, des signaux apparaissent chez les personnes âgées comme l’amélioration de certains paramètres neuromusculaires. Cela pourrait suggérer que certaines catégories de personnes pourraient bénéficier d’une supplémentation en K2, mais cela reste encore à confirmer.
En résumé
Au final, cette étude suggère surtout que la vitamine K2 n’est pas un puissant “booster” de récupération musculaire. Cela nous rappelle qu’il faut parfois prendre du recul par rapport aux promesses miracles que l’on peut parfois lire.
Référence scientifique
Lithgow H, Johnston L, Ho F, Dunning E, Nakada S, Celis-Morales C, Hunter AM, Lees JS, Mark PB, Quinn TJ, Gray SR. (2026) The Effects of Vitamin K2 on Recovery from Muscle-Damaging Resistance Exercise in Young and Older Adults: The TAKEOVER Randomized Controlled Trial. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/41843412/

