Récemment autorisés en France, Wegovy, Ozempic et Mounjaro sont trois traitements incrétinomimétiques. C’est-à-dire qu’ils imitent les hormones digestives afin d’augmenter l’insuline après les repas et de réduire la glycémie.
On les prescrit pour la prise en charge du diabète et de l’obésité.
Ces trois traitements reposent sur l’imitation d’une hormone intestinale, appelée glucagon like peptide one (GLP-1).
De nombreux points communs existent entre ces nouveaux médicaments favorisant une perte de poids et les patients s’interrogent sur leur efficacité. Lequel prendre et dans quel cas ? Voici les données scientifiques disponibles et mon analyse en tant que diététicienne, pour vous aider à mieux les comprendre.
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Ozempic et Wegovy : une molécule similaire
Le sémaglutide, pionnier du GLP-1
Dans l’ordre, Ozempic fût le premier à obtenir une AMM en France (autorisation de mise sur le marché). Suivi de près par Wegovy. Ils sont souvent confondus en raison de leurs nombreux points communs.
Wegovy et Ozempic contiennent en effet la même molécule active : le sémaglutide.
Tous deux se présentent sous forme de stylos injectables prérempli de 4 doses de sémaglutide. Ils ont pour objectif de soutenir et prolonger les effets de l’hormone intestinale naturellement fabriquée par l’organisme, le GLP-1.
Le sémaglutide aiderait à :
- ralentir la vidange gastrique
- améliorer la sécrétion d’insuline
- réduire la glycémie
- réguler l’appétit et augmenter la sensation de satiété
- diminuer le risque cardiovasculaire.
Deux indications médicales distinctes
Ce qui les distingue : Ozempic et Wegovy possèdent des dosages, des recommandations médicales et des résultats cliniques différents.
Seul le Wegovy est indiqué dans le traitement de l’obésité ou du surpoids. Son dosage est plus éleve : 2,4 mg par semaine en dose d’entretien.
L’Ozempic est lui spécifiquement recommandé pour traiter le diabète de type 2, bien que son utilisation soit souvent détournée pour des objectifs minceur. Son dosage est plus faible : 1 mg par semaine en dose d’entretien.
Oui, il semblerait que tous deux peuvent entraîner une perte de poids, mais ce n’est pas l’objectif principal de l’Ozempic.
Pour le médicament Wegovy, cette étude clinique estime entre 15 à 17% de perte de poids corporel en un peu plus d’1 an.
Mounjaro, le traitement double action anti-obésité
Le tirzépatide, deuxième génération du GLP-1
Après le sémaglutide, une nouvelle génération de traitements a vu le jour : le tirzépatide, commercialisé sous le nom de Mounjaro.
Celui-là se distingue des deux autres. Mounjaro est autorisé à la fois comme médicament pour la perte de poids et comme traitement du diabète de type 2.
En effet, sa molécule agit sur deux hormones :
- le GLP-1, comme Ozempic et Wegovy
- le GIP (glucose-dependent insulinotropic polypeptide), une autre hormone intestinale (incrétine) qui intervient dans le métabolisme glucidique, l’appétit et la régulation énergétique
Cette double action offre un effet synergique. Renforçant à la fois la régulation de la glycémie et du stockage des graisses, la sensation de satiété et la réduction des comportements alimentaires compulsifs.
Son dosage hebdomadaire maximum est de 15 mg par semaine.
De meilleurs résultats cliniques
Les données disponibles montrent que le tirzépatide pourrait permettre une perte de poids encore plus importante qu’avec le sémaglutide.
Jusqu’ à 22,5% de perte de poids corporel en 72 semaines, le Mounjaro serait le GLP-1 le plus efficace pour maigrir.
Autre aspect intéressant lors d’une prise en charge de l’obésité sévère avec le tyrzépatide, une amélioration des marqueurs métaboliques est aussi observée : glycémie à jeun, hémoglobine glyquée, cholestérol, inflammation.
Ce traitement peut donc être considéré prometteur pour les patients, notamment pour ceux ayant déjà testé d’autres alternatives sans résultats.
Mon avis sur Wegovy, Ozempic et Mounjaro dans le cadre d’une perte de poids
En réalité, je pense que le plus efficace des trois pour maigrir c’est d’abord celui qui répond aux besoins du patient, en fonction de son état physiologique. Et seul le médecin peut prescrire la meilleure molécule.
Et malgré leur efficacité , je trouve essentiel de ne pas ignorer leurs possibles effets secondaires et contraintes.
Nausées, ballonnements, reflux, constipation ou diarrhées, et d’autres complications parfois plus graves, peuvent pousser à l’arrêt prématuré des injections hebdomadaires.
Plus récemment, de nombreux professionnels de santé rapportent que la perte de poids n’est pas toujours aussi importante que celle obtenue lors des études cliniques précédentes. Chaque organisme est différent et ne peut réagir de manière identique.
J’alerte également sur la reprise du poids très fréquente après le traitement, comme n’importe quelle autre solution minceur.
Ces traitements, données en deuxième intention, sont donc à aborder avec prudence. Et suivis d’un accompagnement médical personnalisé.
Enfin, l’activité physique et l’amélioration des habitudes alimentaires doivent rester au cœur du protocole de toute perte de poids et du diabète de type 2.
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Sources et études scientifiques
Wilding J. P. H., Batterham R. L., Calanna S., et al. — Once-Weekly Semaglutide in Adults with Overweight or Obesity (STEP-1), New England Journal of Medicine, 2021
Jastreboff A. M., Birkenfeld A. L., Jimenez-Moreno C., et al. — Tirzepatide Once Weekly for the Treatment of Obesity (SURMOUNT-1), New England Journal of Medicine, 2022
Rodriguez P. J., et al. — Discontinuation and Reinitiation of GLP-1 Receptor Agonists (étude observationnelle), JAMA Network Open, 2025
Wilding J. P. H., (extension / analyses post-trial) — Weight regain and cardiometabolic effects after withdrawal of semaglutide, extension analyses reporting weight regain after treatment withdrawal, 2022

