Meilleurs compléments alimentaires contre les infections urinaires (2022)

L'infection urinaire touche plus d'une femme sur deux au cours de la vie. Il existe des traitements sans ordonnance et des compléments alimentaires pour soulager les symptômes. Suivez le guide !
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QUI SOMMES NOUS ?
Une équipe éditoriale spécialisée en nutrition. Auteurs du livre Les aliments bénéfiques (Mango Editions) et du podcast Révolutions Alimentaires.

Quelles sont les causes des infections urinaires ?  

Des bactéries dans la vessie

Impression d’avoir toujours envie d’aller aux toilettes, sensation de brûlures en urinant, douleurs abdominales ? C’est peut-être une infection urinaire, appelée plus communément cystite.

Cette affection touche plus d’une femme sur deux au cours de la vie, et les récidives sont très fréquentes.

Une infection urinaire est due au développement de micro-organismes localisés dans une ou plusieurs parties du système urinaire. La bactérie la plus souvent retrouvée est Escherichia coli.

Cette bactérie présente naturellement dans l’intestin peut se retrouver dans la vessie via l’urètre et s’y multiplie. 

Les causes principales  

La contamination par l’agent infectieux se fait en particulier lors d’un rapport sexuel, car les mouvements facilitent la migration des germes.

Une hygiène insuffisante ou au contraire excessive peut aussi être en cause. Un manque d’hygiène va favoriser l’arrivée de bactéries intestinales au niveau des voies urinaires.

À l’inverse un excès d’hygiène irrite la flore vaginale et favorise le développement des bactéries. 

Les facteurs de risques  

Des troubles de santé sous-jacents (diabète, calculs rénaux, maladies neurologiques), un apport hydrique insuffisant, ou l’utilisation de spermicides ou de certains médicaments (antibiotiques) augmentent le risque.   

Les modifications hormonales liées à la ménopause ou à la grossesse peuvent aussi induire l’apparition d’une infection urinaire.  

Quand faut-il consulter son médecin ?   

Il est indispensable de diagnostiquer une infection urinaire par le médecin traitant lors d’un premier épisode.

Consultez également si vous êtes un homme, afin d’éviter les complications.

Mais aussi à chaque épisode de récidive si les symptômes persistent plus de 3 jours, en cas de grossesse, ou en cas de symptômes associés (fièvres, douleurs lombaires).

Les actifs et plantes à privilégier pour traiter les infections urinaires

N.B : Les infections urinaires ne doivent pas être laissées sans traitement car elles peuvent se compliquer rapidement. En prévention, ou en cas de cystite récidivante non compliquée, certains actifs peuvent vous soulager efficacement. Si les symptômes persistent après 48h, consultez un médecin.  

La canneberge  

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La canneberge est bien connue des personnes souffrant d’infections urinaires

C’est LA plante des infections urinaires. Ce petit fruit contient des molécules appelées proanthocyanidines aux propriétés anti-adhésives1 : elles agissent sur les infections urinaires causées par la bactérie Escherichia.coli, en bloquant son adhésion sur la paroi de la vessie.   

Une supplémentation en canneberge réduit les symptômes lors d’une infection en cours2.  

Une étude3 menée sur 150 femmes âgées de 21 à 72 ans a montré que la canneberge réduisait le nombre d’infections urinaires avec symptômes, ainsi que la consommation d’antibiotiques sur une année.  

Qui peut l’utiliser ? Les compléments à base de canneberge sont bien connus des femmes ayant des cystites récidivantes, mais quelques précautions s’imposent.

Une utilisation de longue durée augmente le risque de calculs rénaux, et cette plante peut interagir avec des traitements médicamenteux, notamment les médicaments anticoagulants.  

La busserole   

Appelée aussi raisin d’ours, les feuilles de busserole sont traditionnellement utilisées dans le traitement des symptômes des cystites récidivantes non graves.

La busserole contient un actif, l’arbutoside, responsable de l’activité anti bactérienne, capable de soulager les brûlures et le besoin fréquent d’uriner4

La busserole est une plante puissante mais pas innocente ! Elle n’est pas indiquée pour tout le monde ni sur une longue durée.  

Le D-mannose  

Ce sucre proche du glucose est fabriqué naturellement par notre organisme, et on le retrouve aussi dans certains fruits.

Le D-mannose diminue l’adhérence de certaines souches bactériennes sur la paroi de la vessie5 et augmente le délai de récidive6 entre deux épisodes.  

L’efficacité de ce composé en prévention des infections urinaires a été prouvée par plusieurs études.

Les résultats sont prometteurs, puisque le D-mannose a montré une efficacité comparable à un antibiotique, la nitrofurantoïne. Les patientes du groupe D-mannose présentaient un risque plus faible d’effets secondaires7.  

Les probiotiques   

Les probiotiques sont des bactéries ou des levures améliorant l’équilibre de la flore intestinale. On en trouve naturellement dans les yaourts natures, le fromage, le soja fermenté (miso, tempeh).  

Une prise d’antibiotique et une alimentation déséquilibrée peuvent altérer la flore intestinale et vaginale, contribuant ainsi au développement de bactéries.  

Une supplémentation en probiotiques permet de réduire le risque de récidive8 d’une infection urinaire, en particulier après un traitement antibiotique.   

Une revue d’études conclut à la sécurité et l’efficacité des souches probiotiques de Lactobacillus pour la prévention des infections urinaires chez les femmes adultes.  

Sous quelle forme ? 

En gélules 

Choisissez-les gélules gastro-résistantes pour les probiotiques : ce type de gélules résiste à l’acidité de l’estomac, elles sont faciles à prendre et protègent mieux les actifs.

Les comprimés et les sachets sont généralement moins efficaces et ne contiennent pas de bactéries vivantes lors de la dissolution dans l’intestin.  

Concernant les plantes, favorisez les extraits secs : la plante est plongée dans un solvant, puis séchée. Une fois l’alcool évaporé, il reste le composé actif sec de la plante.

Cette forme permet généralement d’atteindre une concentration en actifs suffisants pour l’obtention d’une efficacité significative, notamment pour la canneberge et la busserole.  

En jus concentré et en décoction

La forme liquide est également avantageuse : il est très important de boire suffisamment en prévention et en traitement d’une infection urinaire.

Les jus concentrés de canneberge sont une bonne alternative, ainsi que les décoctions de feuilles de plantes comme la busserole. 

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Il est conseillé de boire au moins 1,5 litres d’eau par jour pour lutter contre la cystite

Les critères à prendre en compte  

La composition  

Assurez-vous d’avoir des souches probiotiques de la famille des lactobacilles, celles-ci bénéficient d’un meilleur recul en termes d’efficacité dans les contextes d’infections urinaires.  

Les décoctions et les jus concentrés peuvent contenir du sucre et des conservateurs, vérifiez bien l’absence d’arômes ajoutés, la liste des ingrédients doit se composer de plantes uniquement.

Choisissez des formes dites « vrac » pour vous en assurez.  

Le dosage  

Pour les probiotiques, la présence de plusieurs milliards de bactéries permet d’assurer qu’une majeure partie des souches atteignent le site d’action.  

Les plantes doivent contenir une certaine concentration en actif : un dosage suffisant permet une action significative.

Vérifiez que la dose quotidienne des gélules de cranberry apporte 36 mg de proanthocyanidines (appeléesPAC), ou en jus, choisissez des produits contenants au moins 25 % (si possible 100 % !) de pur jus de cranberry.  

Pour les formes liquides de busserole, la décoction demande 3 grammes (soit 3 cuillères à café) de feuilles par tasse d’eau, 3 fois par jour, afin d’obtenir une quantité suffisante en arbutoside (principe actif).  

La certification bio   

Notamment pour les jus de plantes et les décoctions : la certification bio garantit un maximum l’absence de pesticides, et le contrôle des matières premières.

Pour vérifier qu’un produit est bien certifié bio, vous pouvez retrouver la présence du nom de l’organisme certificateur sur le site de l’Agence bio.

Que faire pour éviter l’apparition d’une infection urinaire ?  

Au quotidien

  • Portez des vêtements en coton, limitez les vêtements serrés, afin de réduire le risque de transpiration propice au développement bactérien.
  • Changez souvent de serviettes hygiéniques et de tampons lors des règles.  
  • Essuyez-vous d’avant en arrière, allez uriner juste après un rapport sexuel, et ne vous retenez pas d’aller aux toilettes ! Plus les germes stagnent, plus ils se multiplient.
  • Pensez aussi à vider complètement la vessie à chaque passage aux toilettes.  
  • Laissez les savons antibactériens au placard ! Ils décapent littéralement la flore vaginale protectrice et favorisent la prolifération des germes. Misez plutôt sur un savon doux sans alcool.  

Dans l’alimentation

  • En cas de cystite, il est conseillé de boire au moins 1,5 litres d’eau par jour pour aider à l’élimination des germes.
  • Vous pouvez boire des tisanes à base de thym ou de romarin, aux propriétés anti-microbiennes.   
  • Luttez contre la constipation qui participe à la stagnation des germes : augmentez la ration quotidienne de fibres, de légumes verts et de fruits.
  • Limitez les épices et certaines boissons excitantes comme le café ou le vin blanc, qui peuvent irriter la vessie.  
  • Stimulez votre immunité en consommant des aliments riches en vitamine D (sardines, maquereau, thon, hareng fumé), et en vitamine C (poivrons, agrumes, cassis, persil frais).  

Pour résumer

Certains critères sont à prendre en compte pour bien choisir votre complément alimentaire contre les infections urinaires :

  • La composition : Le probiotiques doivent contenir des souches de la famille des lactobacilles
  • La concentration en actif : les gélules de cranberry doivent apporter 36 mg de proanthocyanidines (appeléesPAC) par jour, les jus doivent être au moins 25 % (si possible 100 % !) pur jus de cranberry
  • Le mode de culture : certifié bio pour les plantes, les jus, les décoctions
  • La forme : gélules gastro-résistantes pour les probiotiques qui résistent à l’acidité de l’estomac. Pour les plantes préférez les extraits secs.

Sources et études scientifiques

 1.Nicolosi D et al. Anti-Adhesion Activity of A2-type Proanthocyanidins (a Cranberry Major Component) on Uropathogenic E. coli and P. mirabilis; Antibiotics. 2014 Jun; 3(2): 143–154
2. Manzorou M et al. C ranberry Consumption Against Urinary Tract Infections: Clinical Stateof- the-Art and Future Perspectives; Curr Pharm Biotechnol. 2018;19(13):1049-1063 
3. Stothers L et al. A randomized trial to evaluate effectiveness and cost effectiveness of naturopathic cranberry products as prophylaxis against urinary tract infection in women; Can J Urol . 2002 Jun;9(3):1558-62  
4. Assessment report on Arctostaphylos uva-ursi (L.) Spreng., folium [en ligne]. EMA.
5. Nunzio C.D et al. Role of D-Mannose in the Prevention of Recurrent Uncomplicated Cystitis: State of the Art and Future Perspectives. Antibiotics. Apr 2021;10(4):373
6. Porru D et al. Oral D-mannose in recurrent urinary tract infections in women:A pilot study. European Urology Supplements; Mar 201312(1):e894-e895
7. Kranjčec B et al. D-mannose powder for prophylaxis of recurrent urinary tract infections in women: a randomized clinical trial; World J Urol. 2014 Feb;32(1):79-84
8. Grin P M et al. Lactobacillus for preventing recurrent urinary tract infections in women: meta-analysis. Can J Urol. 2013 Feb;20(1):6607-14