agriculture biologique

Tout ce qu’il faut savoir sur l’agriculture biologique

Oeufs, lait, saumon, yaourts… les produits bio sont aujourd’hui présents dans tous nos rayons. La culture biologique est un mode de production qui fait appel à des techniques agricoles respectueuses de l’environnement et des animaux. Mais que savons nous réellement de l’histoire du bio ? Qu’en est-il en 2019 ? Est-il vraiment possible de “bien consommer” en passant par le bio ? On fait le point sur le bio !

Une petite histoire du bio

Qu’est-ce-que l’agriculture biologique ?

agriculture biologique France

L’agriculture biologique constitue un mode de production refusant les OGM ainsi que l’utilisation de produits de synthèses issus d’une transformation chimique. 

L’agriculture biologique est respectueuse des équilibres de la nature dans ses pratiques de culture et d’élevage. 

Comparée à l’agriculture “raisonnée” ou “intégrée”, la production bio doit respecter un cahier des charges strict concernant l’utilisation des produits chimiques de synthèse, les conditions d’élevage, les conditions de transformation ou encore les pratiques sanitaires d’élevage. 

Une autre particularité de l’agriculture biologique est de bénéficier du sigle AB, qui garanti l’application d’un cahier des charges. Celui ci assure mode de production éthique et respectueux de la biodiversité, la préservation des ressources naturelles ou encore une limitation dans l’utilisation de produits polluants. 

Pour résumer, l’agriculture biologique c’est : 

  • Une agriculture éthique et responsable 
  • Une utilisation contrôlée des produits chimiques 
  • Un label garantissant le respect d’un cahier des charges

La naissance de l’agriculture bio

En 60 ans, le sujet de l’agriculture bio est devenu une question centrale de nos sociétés. L’arrivée du bio dans notre assiette provient d’une multitude d’initiatives de médecins, d’agriculteurs ou encore de consommateurs.

C’est dans les années 1920 que tout commence. Le philosophe autrichien Rudolf Steiner remet en cause les méthodes d’agriculture modernes. C’est la naissance du courant “biodynamique”.

La biodynamie est une méthode de culture respectant les exigences de la biologie du sol.

A partir des années 1970 apparaissent les premiers cahiers des charges privés qui définissent les pratiques de l’agriculture biologique. 

En 1980, c’est au tour des pouvoir publics de reconnaître l’existence d’une “agriculture n’utilisant pas de produits chimiques, ni pesticides de synthèse” et c’est en 1985 que cette agriculture alternative est officiellement baptisée “agriculture biologique”.

Cette nouvelle nomination permet alors le développement à l’échelle nationale de cahiers des charges, du logo AB et de nouveaux labels.

L’agriculture biologique en France en 2019 

L’agence BIO / Spirit Insight à réalisé en février 2019 une étude sur la consommation et la perception des produits biologiques en France :

  • 1 français sur 2 achète des produits cosmétiques et d’hygiène biologiques 
  • 60% achètent des produits d’entretien ménager bio 
  • La génération Z (les jeunes nés après 1995) est plus attachée au bio pour des raisons éthiques, sociales et de bien être animal
  • 6 français sur 10 ont peu confiance dans l’information fournie sur les produits biologiques 
  • En 2018 plus de la moitié des Français avait déclaré modifier ses comportements alimentaires et culinaires

L’étude note enfin que les préoccupations environnementales jouent un rôle important dans ces évolutions de consommation. 

Le bio semble être un bon moyen pour conjuguer exigence individuelle de mieux-être et dimension collective de sauvegarde de la planète. 

Les labels bio

Entre 1980 et 2000 les labels bio ont fleuri en France et à l’échelle de l’Europe. On trouve près d’une trentaine d’organismes certifiant des produits biologiques

labels bio
Les logos des deux principaux labels biologiques, AB et Bio européen

Label bio européen

Depuis 2010, ce logo est obligatoire sur tous les produits biologiques vendus en Europe. Il harmonise les conditions de production et doit obligatoirement s’accompagner de l’indication du lieu de production des matières premières agricoles du produit. 

Les engagements de ce label sont : 

  • Pas de pesticide ni traitement chimique après les récoltes 
  • Une alimentation sans pesticide pour les élevages 
  • Une interdiction des OGM (même si des traces de contamination fortuites peuvent être admises)
  • Peu de recours aux traitements vétérinaires et aux médicaments 
  • Un espace minimal et un accès au plein air pour les animaux

Ce label a pu être critiqué car il permet aux exploitants de produire sur le même terrain du bio et du non bio. 

Label AB

Créé en 1985 le label AB est aligné sur le label bio européen. Il y a donc une interdiction des pesticides et engrais chimiques de synthèses et une tolérance dans l’utilisation de produits d’origine naturelle sous certaines conditions. 

Bio mais pas que… 

Des produits controversés

La revue 60 millions de consommateurs à réalisé une étude sur la composition de 130 produits bio comme les fruits, les yaourts, les jus de fruits ou encore les viandes et poissons.

Les résultats indiquent la présence de substances cancérigènes classées comme perturbateurs endocriniens. 

Ces résultats s’expliquent notamment par le fait que dans l’agriculture biologique, le bétail vivant à l’extérieur peut être en contact avec des sols contaminés. Quant aux fruits et légumes, ils peuvent être cultivés à proximité de sols contaminés ou de sources polluantes ce remet en cause l’aspect 100% biologique du produit.

Enfin, l’agriculture biologique n’assure pas que les produits soient 100% locaux et de saisons.  En effet de nombreux produits peuvent être importés et avoir un bilan carbone assez lourd, notamment pour les produits exotiques. 

Un labellisation incomplète 

produits bio

“Le bio, c’est d’abord une obligation de moyens, et non de résultats”.

Voilà ce que nous rappelle Stéphanie Pageot, présidente de la fédération nationale d’agriculture biologique, au sujet du label européen. 

Cela veut dire qu’il ne garantit pas qu’un produit est dénué de pesticides mais plutôt que le producteur est en train de mettre en oeuvre les conditions nécessaires pour cultiver sans OGM, pesticides ou engrais chimiques. De nombreux producteurs biologiques ne se reconnaissent plus aujourd’hui dans les exigences de ce label.  

Greenpeace par exemple, juge les labels AB et bio européen trop tolérants à l’égard des OGM. En réaction, d’autres labels comme “Bio Cohérence”, “Bio Partenaires” ou encore “Nature & Progrés” ont vu le jour. 

Ces derniers souhaitent interdire la mixité des productions conventionnelles et bio dans certaines exploitations. 

Le cahier des charges de Bio Cohérence exige que les produits bio soient cultivés, produits et transformés sur le sol français. Il y a également un contrôle très poussé du bien être animal.

Bio Partenaire, quant à lui, reprend les principes des labels AB et bio européen, en les enrichissant des valeurs du commerce équitable, en assurant un revenu plus juste à ses producteurs. Leur objectif est de favoriser la pérennité des acteurs du bio et de soutenir la production locale. 

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