L’agriculture en 2050 : l’indispensable transition agroécologique

Comment concilier l’adaptation au changement climatique, nourrir une population mondiale toujours plus nombreuse, tout en réduisant l’impact de l’agriculture sur la planète ? Une équation complexe, à laquelle s’est efforcée de répondre dans une étude parue en février dernier l’Institut national de la recherche agronomique (INRAE).
agro-écologie

         Les chiffres impressionnent, voire inquiètent : en 2050, l’ONU estime la population mondiale à 9,7 milliards d’humains – contre 7,8 milliards actuellement. Comment parvenir à nourrir tous les habitants sur Terre, sans aggraver encore davantage le réchauffement climatique ?

Parmi les solutions proposées par l’INRAE figure la possibilité pour l’Europe de limiter les importations de produits comme le soja, permettant de préserver des millions d’hectares de forêts en Amérique du Sud. En France les supermarchés optent de plus en plus pour des produits issus d’une agriculture totalement française, par ailleurs plébiscitée par les consommateurs.

L’enseigne Carrefour s’engage ainsi à proposer 95% de ses fruits et légumes certifiés cultivés en France. Dans le contexte de contamination au covid-19, de fermeture des frontières et des marchés locaux, cet engagement fait encore plus sens. Encore faudrait-il que l’agriculture paysanne soit privilégiée au détriment de l’agriculture industrielle, ce qui n’est malheureusement pas toujours le cas.

Une transition mondiale des régimes alimentaires

Selon les projections, la hausse de la population mondiale sera portée de manière prédominante par une explosion démographique de l’Afrique, suivie par l’Inde. Les besoins en terres cultivés seront donc gigantesques, alors que paradoxalement les prévisions de rendements devraient rester faibles, dans des nations aux climats peu favorables à l’agriculture.

Une solution avancée par l’INRAE consisterait à enclencher une transition mondiale des régimes alimentaires afin d’aider l’Afrique à soutenir sa progression démographique. Une production alimentaire plus saine de la part des pays développés (moins calorique et moins axée sur la viande) libérerait des dizaines de millions d’hectares, dont pourrait en partie profiter l’Afrique.

Il ne serait ainsi pas forcément nécessaire d’augmenter les plus de 1 500 millions d’hectares actuellement consacrés à l’agriculture, qui pourraient même baisser en cas de transition alimentaire réussie. Les projections varient cependant fortement selon les différents scénarios engagés, avec dans le cas inverse (une progression irraisonnée de l’agriculture) jusqu’à 223 millions d’hectares supplémentaires au détriment de la nature.

La contribution de l’Europe

L’Europe et notamment la France, l’une des premières nations agricole du monde, aurait selon l’INRAE un rôle décisif à jouer à l’horizon 2050. Sa consommation actuelle implique une forte dépendance aux tourteaux de soja, qui pourraient être produits localement et libérer 10 millions d’hectares au Brésil et en Argentine.

Une transition agroécologique permettrait également de produire de manière à la fois plus saine et respectueuse de l’environnement, tout en libérant un vaste surplus de terres exploitables. L’accent devrait être en particulier placé sur une réduction de la production de viande, pour l’instant bien au-delà des besoins nécessaires, et sur une augmentation de la culture de légumineuses bien moins consommatrices en eau.

Toutefois, l’ensemble de ces projections repose sur une acceptation mondiale des nécessités globales de transition avec des concessions économiques de la part de tous.

Partager sur facebook
Facebook
Partager sur email
Email
Partager sur twitter
Twitter

Fatigué.e ?

Recevez gratuitement notre ebook 10 aliments exceptionnels pour booster son énergie.
1 mardi sur 2, conseils, recettes et réductions pour changer votre vie grâce à votre alimentation.