De la spiruline pour sauver les abeilles ?

Une nouvelle étude américaine propose une nourriture alternative au pollen pour faire face à la disparition des abeilles : la spiruline.
spiruline abeilles

Entre la pollution, les parasites, le changement climatique, l’appauvrissement des cultures et désormais les assauts du frelon asiatique, l’avenir à court terme des abeilles est très inquiétant. Le déclin de la biodiversité n’est pas le moindre de ces problèmes : la réduction des surfaces plantées et les monocultures réduisent les sites disponibles pour les pollinisateurs. Et les institutions tardent à légiférer pour sauver les abeilles, malgré les alertes incessantes des apiculteurs et des associations.

Une solution de secours viendrait peut-être d’une source de nourriture alternative pour le moins surprenante : les algues, et plus spécifiquement la spiruline, une cyanobactérie (micro-organisme capable de photosynthèse). C’est en tout cas le résultat d’une étude américaine publiée dans la revue française Apidologie.

La spiruline, un substitut nutritionnel du pollen ?

Faute de ressources naturelles suffisantes en pollen, il est nécessaire de trouver des substituts. Le constat est déjà à l’œuvre depuis plusieurs années, avec l’utilisations par les apiculteurs d’ersatz alimentaires pour les abeilles, à base de soja, d’œufs ou encore de lentilles.

Selon Vincent A. Ricigliano et Michael Simone-Finstrom, deux chercheurs du Département de l’Agriculture des États-Unis, la solution optimale pourrait venir de la spiruline (Arthrospira platensis). Cette cyanobactérie, souvent confondue avec une algue, est déjà reconnue pour son intérêt alimentaire, aussi bien pour les humains que pour la consommation animale.

D’après les deux chercheurs américains, la spiruline dispose d’un profil nutritionnel très proche de celui du pollen, notamment avec des acides aminés essentiels et des lipides fonctionnels identiques à ceux des précieux grains des fleurs. Vincent A. Ricigliano et Michael Simone-Finstrom estiment ainsi que « la spiruline est dotée d’un potentiel lui permettant de se substituer au pollen, ou de constituer un additif alimentaire prébiotique favorisant la santé des abeilles ».

Avant d’en arriver à leurs conclusions, les chercheurs américains ont au préalable administré de la spiruline sous forme de pâte à des abeilles tout juste nées. Les premiers relevés ont été effectués au bout de 5 jours, puis 10, indiquant de bons niveaux nutritionnels, avec des teneurs en lipides et en protéines plus élevées que dans les autres régimes alimentaires jusqu’ici utilisés – tout en divisant la consommation de moitié.

Les promesses des algues à l’aube du XXIe siècle

L’utilisation d’une micro-algue comme substitut alimentaire pour les abeilles pourrait constituer une solution écologique à double niveau. Outre sauver une espèce largement menacée depuis ces vingt dernières années, sa culture est bien moins exigeante que de nombreuses plantes vertes comme le soja. La spiruline ne demande que peu d’eau et peu d’éléments chimiques polluants, croît rapidement et en grandes quantités, et potentiellement dans des zones impropres à la culture de céréales.

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De manière générale, l’utilisation des algues fait partie des grandes promesses du XXI siècle pour tenter de faire face au défit climatique. Outre l’alimentation humaine et animale, les algues font leur entrée en force dans l’industrie, utilisées aussi bien comme alternative au plastique, au bitume, aux matériaux de construction ou encore aux cosmétiques.

Qu’en est-il de l’appétence des abeilles pour la spiruline ? La prochaine étape pour les scientifiques sera de vérifier l’intérêt spontané des insectes pour les algues, dans la nature. 

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